Stratégie de Washington contre la criminalité organisée transnationale

La Maison Blanche dévoile sa nouvelle stratégie

contre le crime organisé transnational

Dans son rapport du 19 juillet 2011 intitulé « STRATEGY TO COMBAT TRANSNATIONAL ORGANIZED CRIME » , la Maison Blanche annonce son intention de lutter plus activement contre les réseaux internationaux du crime organisé qui constituent une menace pour la sécurité des États-Unis. L’administration Obama souligne que le crime organisé n’est plus un problème local ou régional : il est devenu un danger pour la stabilité internationale. «Les organisations criminelles transnationales ont profité de notre monde toujours plus interconnecté pour développer leurs entreprises illicites », écrit le président américain dans la préface du rapport.

Barack Obama invite aussi à la collaboration dans cette lutte et indique qu’il cherche des alliés à travers le monde : “Bien que cette stratégie est destinée à aider le gouvernement des Etats-Unis dans la lutte contre la criminalité transnationale, elle est également une invitation à une coopération internationale accrue. Nous encourageons nos partenaires et alliés à faire écho à l’engagement que nous avons pris ici et à participer à la construction d’un nouveau cadre pour la  coopération internationale afin de protéger tous les citoyens de la violence, du mal et de l’exploitation causés par la criminalité transnationale organisée. “

La nouvelle stratégie de l’équipe présidentielle consiste en un ordre exécutif sous forme de Décret , des propositions législatives ainsi qu’un programme d’incitation destiné aux citoyens pour les inviter à se manifester lorsqu’ils détiennent des informations sur les groupes  criminels. Dans le document, M. Obama demande au Congrès d’amender les lois sur le racket, et de faciliter les enquêtes et les poursuites des présumés membres d’organisations de malfaiteurs.

Ce document explique que ces groupes, susceptibles de corrompre les gouvernements étrangers, de blanchir de l’argent et qui s’adonnent aux trafics de drogues et d’êtres humains, constituent une menace majeure pour la sécurité américaine en raison de leurs liens avec des structures terroristes.

Des groupes criminels ciblés

Dans la ligne de mire, quatre organisations criminelles sont épinglées :

  1. Le cartel mexicain LOS ZETAS. Décrit comme très violent, il est fortement engagé dans le trafic d’êtres humains et le blanchiment d’argent. Il mène une guerre de territoires sanglante contre les gangs mexicains rivaux.
  2. Les YAKUZAS Japonais. Cette importante organisation criminelle, estimée à plus de 80 000 membres, est active dans plusieurs secteurs d’activités : vente de méthamphétamine, industrie du sexe, immobilier, jeux et paris. Leurs revenus pour une partie importante du tourisme sexuel et de la traite des êtres humains (exploitation de mineurs et de femmes). Aux États-Unis, l’organisation est impliquée dans le trafic de drogue et le blanchiment d’argent.
  3. La CAMORA napolitaine. Importante mafia basée dans le sud de l’Italie. Selon le rapport, la Camorra est désignée comme le principal acteur du crime organisé en Italie. Elle est structurée en clans répartis sur le territoire de Naples et de sa région et spécialisés dans les fausses monnaies et la vente de stupéfiants (Cocaïne essentiellement). D’après le gouvernement américain, cette mafia réalise un bénéfice annuel de 25 milliards de dollars. Aux État-Unis et en Europe, 10% de ses profits sont issus de la vente de CD–DVD, de vêtements, d’appareils électriques et de logiciels informatiques contrefaits.
  4. Les BROTHERS CIRCLE (« frères du cercle »). Décrit comme un groupe multi-ethnique basé principalement dans les pays de l’ex-Union soviétique. Son champ d’action s’étend dans le Moyen-Orient, l’Afrique et l’Amérique latine.

 

Mesures prises

La Maison Blanche préconise de nouvelles sanctions contre ces organisations. Le gel de leurs avoirs et de leurs opérations financières en fait partie. Le rapport argumente : “Les activités des organisations énumérées deviennent de plus en plus ingénieuses et dangereuses pour les États-Unis. Elles s’insinuent dans les affaires des gouvernements étrangers et dans le système financier international provoquant ainsi un affaiblissement des institutions démocratiques, torpillant la prééminence de la loi et les marchés économiques “.

La Mafia russe n’est pas oubliée

Le crime organisé russe reste une menace majeure pour le monde selon Washington. Il constitue une menace grave pour le développement économique et les institutions démocratiques de la Russie, ainsi que pour la sécurité internationale : “Le crime organisé en Russie et dans la région euro-asiatique constitue une sérieuse menace pour la croissance économique et les institutions démocratiques. Des groupes criminels russes et des oligarques entretenant des rapports étroits entre eux peuvent agir en complicité avec des acteurs appartenant ou étant liés à l’État afin de torpiller la concurrence sur les marchés stratégiques, dont ceux du gaz, du pétrole, de l’aluminium et des métaux précieux”, lit-on dans le rapport.

L’équipe présidentielle reste particulièrement préoccupée par le trafic des matières fissiles sur le territoire de l’ex-URSS.

Voir aussi :

– RIANOVOSTI « Mafia Russe : une menace pour le Monde entier »

– RIANOVOSTI «Crime organisé : Moscou appelle à conjuguer les efforts au niveau mondial »

– RIANOVOSTI “Russie: durcissement des sanctions contre le crime organisé (Medvedev)

Le trafic et la traite des êtres humains

Le rapport n’oublie pas la traite et le trafic d’êtres humains qui est devenue l’une des activités criminelles les plus prisée par les mafias.

Il précise que ce phénomène touche d’autres facettes du crime organisé : « Les réseaux internationaux de trafic d’êtres humains sont liés à d’autres crimes transnationaux, y compris le trafic de drogue et la corruption de fonctionnaires gouvernementaux. Ils peuvent  déplacer les criminels, les fugitifs, les terroristes et les victimes de trafic, ainsi que des migrants économiques. Ils minent la souveraineté des nations et mettent souvent en danger la vie de ceux qui sont passés clandestinement… ».

Le rapport fait état de l’aspect lucratif du trafic d’êtres humains en référence au Rapport 2010 de l’UNODC sur la mondialisation du crime : « (…) L’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC) a estimé que le trafic de personnes originaires d’Amérique latine vers les États-Unis a généré environ 6,6 milliards de dollars de revenus annuels illicites pour les réseaux de trafics d’êtres humains… ».

L’utilisation de faux documents dans le trafic et la traite des êtres humains devient, selon nous, de plus en plus préoccupante.

Le trafic de documents et l’usage de fausses identités sont en plein essor dans le monde. Outre son lien avec l’immigration illégale et face à la relative indulgence avec laquelle est considéré l’usage d’une fausse identité, nous rappelons  que cette activité permet des dérives sérieuses et alimente la fraude aux services sociaux, les trafics en tous genres, le banditisme, le vol, l’escroquerie. Le rapport américain en évoquent différents aspects : « (…) Les trafiquants d’êtres humains, les passeurs, les trafiquants d’armes, les trafiquants de drogue, des terroristes et autres criminels dépendent des réseaux de transport sécurisés et de lieux sûrs à partir desquelles ils organisent les activités de contrebande où ils stockent en vrac ou en détail les stupéfiants pour le transport. Les réseaux internationaux de trafic d’êtres humains dépendent également des faux documents créés de manière illégale ou obtenus frauduleusement, tels que les passeports et visas, afin de se déplacer eux-mêmes ou leurs clients aux États-Unis et y séjourner illégalement . »