Crime organisé

«Quand la déconstruction affaiblira les États, que le droit  et la police se feront plus discrets, la violence proliférera dans la vie publique et entre individus; ces pirates (mafias, gangs, mouvements terroristes) deviendront même des agents essentiels de l’économie et de la géopolitique.»

Jacques Attali, “Une brève histoire de l’avenir”

Brigandages

L’action du crime organisé mine la cohésion sociale et le fonctionnement démocratique. La grande criminalité représente une menace supérieure pour l’équilibre organique de la société. Elle constitue un facteur de déliquescence pouvant conduire à terme à un déclin social. La lutte contre les mafias devient dès lors un enjeu majeur pour la génération actuelle. Mais à entendre l’ex-juge franco-norvégienne et actuelle candidate des Verts français à l’élection présidentielle de 2012, Eva Joly, parler de son instruction sous haute surveillance dans l’ « affaire Elf », ainsi que des embûches placées en travers de sa route pour la faire trébucher, il y a tout lieu de nourrir de sérieuses craintes relativement au jusqu’au-boutisme de cette lutte : « La sanction de la grande corruption est rarissime. Il faut des circonstances exceptionnelles pour que la justice arrive à se frayer un chemin entre les pressions politiques, les immunités, les souverainetés de pacotille, le secret défense, et la pesanteur des systèmes judiciaires dociles » (“Est-ce dans ce monde-là que nous voulons vivre ?”, Les Arènes, 2003).

Il faut pourtant que les démocraties réaffirment leur souveraineté, sous peine de voir nos Etats se transformer en vastes brigandages.